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dimanche 9 juin 2013

Le "push dagger", des origines à nos jours...

Rarement une lame a atteint une telle popularité parmi les amateurs de couteaux, d'arts de combat avec armes ou de techniques défensives.
Le push dagger, de par sa forme primitive et l'usage qu'on lui réserve séduit ou rebute mais laisse rarement indifférent, mais plongeons nous dans l'univers d'une lame pas si banale qu'il n'en parait de prime abord...

Depuis la nuit des temps, l'Homme s'est essayé à prolonger sa main d'une arme piquante, contondante, tranchante afin d'accroître son allonge, de parfaire sa vélocité, de propulser ou d'acquérir une énergie "brute" et efficace au combat, que ce soit contre ses prédateurs naturels ou pour la défense de son territoire & la préservation de son espèce.

La forme si atypique du push dagger appartient à cette catégorie de lames qu'il convient de décrire avec circonspection, jouissant d'une réputation souvent dévoyée, emprunte de mysticisme et réservée à des usages peu nobles... Peut être en est-il tout autrement !

La distance qui sépare l'Homme de sa lame est comparable à celle qui relie son coeur à sa main, et au milieu des lames emblématiques voire votives, la particularité du push dagger est à l'Homme ce que la griffe est au fauve.

Derrière cet attribut se cache une lame pratique & terriblement fonctionnelle, conçue pour combattre, et dédiée à la défense personnelle.
Chargé d'histoire, traversant les temps, parcourant les continents, le push dagger est une lame à l'aspect unique dont la pure vocation n'est autre que de prolonger le bras de l'Homme, à la façon d'un outil, d'une possibilité de vaincre et de repousser, de faire face à l'adversité.

La première forme de push dagger est le Katar indien qui est une sorte de dague triangulaire à double tranchant, plus ou moins courte, et dont deux bras parallèles prolongent la lame sur l'arrière, offrant ainsi une protection de l'avant bras, de chaque côté du radius. Le Katar est tenu par une ou plusieurs barres transversales situées à l'intérieur de ces "bras protecteurs" latéraux prolongés.
La particularité du Katar est d'être une arme blanche complètement stable, d'une prise en main édifiante, coupante et perforante, s'inscrivant dans la pure ligne corporelle de l'avant bras, rendant naturel et intuitif l'usage que l'on peut en faire. Les pratiquants de Kalaripayat (art martial ancestral de l'Inde) pratiquent toujours cette forme de combat rapproché, le Katar appartenant à un arsenal d'armes très étoffées, propres à cette culture très riche.

Par son côté votif et sacralisé, les lames de Katar pouvaient être magnifiquement ornées de dorures à l'or fin, damasquinées avec des pierreries, fournies en gravures raffinées, et même parfois assemblées avec des pistolets à silex, destinées à accroître l'efficacité au combat. Ces Katar sont principalement recensés au XVIIIè siècle, dans l'Inde du Nord et à la période Mongole.
Les poings ainsi renforcés par les guerriers de l'époque permettaient de traverser une côte de maille sans difficulté.



Le push dagger n'est donc "moderne" qu'à la lumière des récents modèles qui parsèment le marché de la coutellerie mondiale.

D'un point de vu technique cette lame est fort intéressante...Inscrite dans le prolongement de l'avant bras, elle nécessite une certaine pratique pour devenir fonctionnelle et réservée à des entraînements pratiques. Et s'il s'agit bien d'une lame à ne pas placer entre n'importe quelles mains, son usage réserve de belles surprises, lors de séquences (drills) et pratiques : que ce soit en piques ou en coupe, voire en frappes ou en percussions uniquement avec le revers de la lame ou la poignée du push... Quelques applications intéressantes sont à exploiter, mais nécessitent davantage d'entraînement qu'une lame dite "classique". S'improviser à utiliser un push dagger sans les conseils d'un professeur avisés peut réserver de sérieuses blessures et de fâcheuses désillusions, rappelons à ce titre qu'il s'agit d'une arme (même antique) classée  en 6ème catégorie, dont le port et le transport sont strictement prohibés...

L'époque de la conquête de l'Ouest américain et de la ruée vers l'or contribua aussi fortement à populariser cette forme de lame désormais appelée push dagger, que les joueurs de poker & parieurs en tous genres pouvaient utiliser sous une table de jeu pour faire valoir leurs intérêts ou régler des comptes pas toujours clairs. Le push dagger de ces pionniers était destiné au combat rapproché, de "bar Saloon". Fixé sur le haut des bottes, la prise en main pouvait facilement et discrètement s'exécuter en position assise, ou à cheval.
Les plaquettes de manche en ivoire des pushs daggers de cette époque révolue sont encore très prisées par les collectionneurs.
Aujourd'hui, la société Cold Steel occupe le haut du terrain grace à sa gamme de push daggers "Safe Keeper" & "Safe maker", industriels et popularisés notamment dans plusieurs grandes productions hollywoodiennes à grands budgets.



En France, de nos jours, quelques rares couteliers se sont lancés à l'essai, et l'un des précurseurs en ce domaine fut Fred Perrin, convaincu par l'aspect pragmatique et versatile de cette lame atypique.


Sa compagne, Elsa Fantino, produit également quelques superbes modèles très inspirés, orientés "artistiques", avec une dimension féminine et néanmoins pratique, utilitaire.




Bastien Coves, de chez Bastinelli Créations  réalise aussi de superbes pièces uniques au travers d'une gamme de pushs très épurée & élaborée, aux lignes sobres et soignées, avec des possibilités de customisation diverses & variées, dont plusieurs choix possibles concernant la texture et les matériaux des manches. Les modèles de Bastien sont quasi-inoxydables et bénéficient d'une excellente ergonomie !


Voici les ami(e)s, un petit voyage dans l'univers du push dagger, une lame pas plus dangereuse qu'une autre mais qui mérite d'être (re)connue ;-)

samedi 4 mai 2013

RUES BARBARES, survivre en ville...la jonction !


Lorsqu'un ouvrage remporte un franc succès, il est à se demander ce qui a pu inspirer le ou les auteurs à transcender leurs connaissances pour les acheminer vers un lectorat aussi large et varié que possible...
Ce que je qualifierai de "saine vulgarisation" contribue utilement au fait que, plus des gens sont potentiellement confrontés ou exposés à des risques certains ou à certains risques, plus ils développent cette propension naturelle à aller vers l'information véritable, la connaissance de terrain, celle qui fait émerger les consciences et réveille l'instinct de survie...

Comme vous l'aurez compris, dans le récent ouvrage de Piero San Giorgio & de Volwest, intitulé RUES BARBARES -survivre en ville -, il n'y a pas de fioritures, pas d'amalgames, un pur concentré d'efficacité qui tronçonne tout préjugé éventuel quand à la notion de survivalisme.
 Ici, nous sommes dans la juste mesure, où la raison d'être et de faire tend à s'imposer dans une réalité parfois tragique.

Volwest est le ténor prolifique du célèbre blog francophone "Le survivaliste". A travers la constance de ses recherches et de ses interventions sous formes d'articles et de clips, il propose sans imposer, cherche sans se lasser, et expérimente les meilleures solutions en terme de survie, pour éviter aux autres de devoir un jour faire face au pire.

Piero San Giorgio est l'auteur du non moins fameux best seller "Survivre à l'effondrement économique". Ce livre est un "must read" dans son genre, à découvrir de toute urgence si ce n'est déjà fait !

Les deux auteurs ont eu la bonne idée de faire une jonction de leurs savoirs pour nous présenter une palette de solutions adaptées aux multiples situations d'urgences contemporaines. Rien de tel pour vous préparez mentalement, absorber quelques principes & évidences non acquises, afin de prendre en considération les répercussions géostratégiques, sociales, économiques, ainsi que d'appréhender au mieux les risques liés aux phénomènes naturels de grande ampleur, dans un monde en perpétuelle mutation.

Au travers de ces 400 pages au style fluide et agréable, vous découvrirez rapidement comment améliorer vos chances de survie dans un contexte dégradé, ou comment optimiser votre potentiel de résistance dans un environnement à risque. Nos grands parents et arrières grands parents avaient pour acquis certains de ces principes majeurs, que peu à peu nous avons tendance à délaisser et à jeter aux oubliettes, tant notre société aseptisée nous plonge dans un confort illusoire... La démarche de nos deux auteurs est louable, se serait-ce que pour envisager le pire afin de l'endiguer au maximum !

En fin de chapitre, des thèmes fictifs permettent d'illustrer les améliorations proposées. Un module de préparation échelonné sur un mois, ainsi qu'un jeu de questions-réponses, lèvent le voile sur l'état d'esprit à adopter en cas de crise, l'idée maîtresse étant, encore une fois, d'anticiper avant qu'elle ne se déclenche ;-)

Bonne lecture à toutes & à tous !

Pour vous procurer l'ouvrage :

RUES BARBARES -Survivre en ville -


dimanche 21 avril 2013

"Don't Tread On Me !" & la préparation mentale...

Gadsden Flag *

Tryphon Tournesol en action**

Aujourd'hui nous allons aborder une notion de résistance passive qui peut s'apparenter à la faculté de développer un point de non-retour, une zone rouge à ne pas franchir lorsque nous sommes contraints à faire face à l'adversité et à l'agression violente.

La fameuse devise du libéralisme américain "Don't tread on me !"* (Ne me marche pas dessus !) illustre à merveille cette notion d'efficacité à rechercher et à développer lorsque nous nous trouvons dans une situation "périlleuse" nécessitant action, réaction afin d'assurer sa survie ou celle des siens.

Il y a une limite à ne pas franchir et sur laquelle il convient de se préparer mentalement à l'entraînement. En visualisant certaines  situations d'engagements confuses, débouchant sur des réactions violentes, il est possible de déceler en soi sa propre capacité à refuser le conflit tout en s'y préparant âprement d'un autre côté. Tel un arc bandé, prêt à décocher sa flèche mais qui attend d'être sûr de sa cible et de la véritable nécessité de l'atteindre.

Dans la pratique martiale cela se manifeste par une prise de conscience et une cohérence dans l'échelle graduelle des réponses que nous pouvons apporter face à une agression, dans le cadre précis de la légitime défense.

Mais cette façon de faire permettra d'éviter de ne pas réagir alors qu'il était impératif de le faire, de réagir opportunément au moment juste, sans se poser de questions.
Se familiariser à cette notion du "Don' Tread On Me" favorisera l'application du principe d'action et d'inaction, tout en véhiculant en soi un "déclic", un "stop" à ne pas franchir pour l'adversaire et qui sera le point de départ de notre réponse la plus appropriée et efficace possible...

Ainsi travailler sur ses propres faiblesses à la lumière du grand jour, permet de les surmonter et de les vaincre dans l'obscurité le cas échéant.

Qu'il s'agisse d'entraînement au combat, de préparation physique ou mentale, au delà du plaisir et du besoin de pratiquer, il est nécessaire de garder à la lueur de son esprit une parcelle de lucidité, et de reconnaître les raisons qui nous incitent à pratiquer.

Lorsque la décision d'entrer en action est prise résolument, toute la préparation physique et mentale exercée en amont, évitera tout forme d'hésitation, de tâtonnement, et limitera la stupeur face aux situations imprévues.

Trois principes simples permettent d'illustrer cette phase de préparation, et d'appréhender les facteurs de désordre :

Le principe d'exercice : s'entraîner en repoussant ses propres limites, tout en "bousculant" ses certitudes. Par exemple, il peut être intéressant de pratiquer une activité cardio-musculaire intensive, puis d'aussitôt enchaîner sur un exercice de lecture à voix haute, de mémorisation, ou de concentration demandant une gestuelle précise et millimétrée.

Le principe de visualisation : se préparer mentalement à identifier un seuil critique à ne pas dépasser, que ce soit dans sa propre capacité à entrer dans la spirale de la violence que dans le fait d'apprendre à endiguer cette même violence, en alternance chez l'opposant, et en soi (désescalade verbale, gestuelle d'apaisement, attitude, dialogue, "phrasé" adéquat...)

Le principe de reconnaissance : reconnaître immédiatement une situation critique risquant potentiellement de dégénérer, en fonction des lieux, des gens, des us & coutumes locaux, et travailler sur la notion d'action-inaction en privilégiant une inaction efficace à une action stérile aux conséquences pouvant s'avérer désastreuses.

 Voici de quoi réfléchir un peu afin d'orienter sa saine pratique vers des objectifs louables, réalistes & de s'affranchir de tout conditionnement.

Bonnes recherches à toutes & à tous et merci pour vos encouragements ;-)



* La devise de ralliement des libéraux américains durant la guerre d'indépendance, chère à Benjamin Franklin, et initialisée par le colonel Christopher Gadsden en 1775.
Le "Gadsden flag" est un étendard représentant un serpent à sonnette prêt à mordre avec la devise "Don' Tread On Me", dont la symbolique puissante a été reprise par de nombreux défenseurs de la liberté.

* * Tryphon Tournesol, le célèbre professeur-chercheur, qui sort des sentiers battus dans l'excellent opus des aventures de Tintin, "Vol 714 pour Sydney", en démontrant le "coup de pied figure" emprunté à la savate ancienne.


samedi 19 janvier 2013

Interview : Elsa Fantino, l'héritière !

Pour toutes celles et ceux qui auraient des difficultés à appréhender la part de féminité concédée aux arts de combat et au domaine coutelier...

Voici l'interview "brut de forge" de la talentueuse Elsa, qui se livre ici avec passion, et authenticité, sans détours & sans concessions, telle qu'on aime la découvrir.

A lire et relire, beaucoup de messages et de valeurs sont véhiculés dans son propos, de quoi méditer assurément !



Elsa, peux-tu nous évoquer ton parcours personnel, comment t'es tu initiée au combat & a la forge ? 

Je suis née a la campagne, j'ai passé  mon enfance dans une petite vallée du Beaujolais, dans une maison sans voisins. Dès mon plus jeune âge, j'ai passé beaucoup de temps en forêt, à construire des cabanes et faire de longues marches. Mes parents et ma grand mère faisaient beaucoup de cueillettes, les champignons, les herbes, les fruits sauvages, c'était donc naturel pour moi de me considérer avec un couteau dans mes poches. Mon père me laissait prendre ses outils, j'avais le droit de bricoler, j'avais même un établi dans ma chambre. Mes parents étaient "éduc-spés", branchés sport (mon père : un roi du footing pédagogique!); ils m'ont incité à pratiquer plusieurs disciplines à un bon niveau, notamment le plongeon artistique de haut vol et le judo (en plus des footings !). J'ai commencé la compétition assez tôt, cela a formé ma combativité, et puis j'ai été éduquée par des gens qui se sont battus pour leurs idées. Je pense que cette enfance a déterminé profondément ce que je suis devenue, emprunte de vie libre en pleine nature, d'exercice physique partie prenante de l'éducation, de compétition et de débrouillardise, autant d'éléments qui sont toujours présents dans ma vie actuelle. 

Quand j'ai eu 15 ans, j'ai eu besoin de me confronter à la réalité que je croyais connaître à travers ma passion pour les livres, je suis partie a Lyon, en lycée bilingue, et j'ai fait l’expérience de la vie urbaine. A cette époque j'étais "immergée" dans la plongée sous marine, je pensais en faire mon métier, mais j'aime plus les poissons que les touristes, c'était plus raisonnable de ne pas donner suite. Après le bac je me suis exfiltrée du système scolaire avant de mourir d'ennui, je suis partie en Australie voyager... Après un an de baroude, inutile d'essayer de reprendre les études, c'est dans cette période de flottement, entre diverses formations (tronc commun pour passer un BE de plongée, formation sauvetage en mer) que j'ai pratiqué l'escrime médiévale de spectacle. Je ne savais vraiment pas comment m'accomplir, je voyais bien que je ne supporterai pas les touristes, je voulais entrer chez les marins pompiers de Marseille, mais ma myopie me l'a interdit, donc entre deux jobs alimentaires, j'ai appris a manier les épées et les boucliers, et je me suis peu à peu passionnée. J'ai commencé à me documenter sur les armes, leurs fabrications, ce qui m'a amené vers le couteau custom. J'ai acheté mes premiers magazines et visité mes premiers salons. J'ai rapidement voulu fabriquer, ce qui n'était pas simple parce que les stages étaient trop onéreux. J'ai  fini par entrer en contact avec le président de la guilde des couteliers forgerons, Yves Pellequer, qui m'a convié au rassemblement de la guilde pour mettre quelque coup de marteau. Il y en a qui sont touchés par la grâce, moi j'ai été touchée par la forge ! C'est étrange mais c'est comme ça, j'ai forgé un après midi, j'ai posé le marteau, j'ai appelé mon coloc', j'ai tout vendu dans mon appartement et posé ma dédite et je me suis consacré a la forge totalement. D'abord en allant de rassemblement en ateliers, puis en apprentissage de ferronnerie d'art. 

Ce qui a déclenché ma passion pour les arts martiaux , que j'avais effleurés avec le judo, fut la mort de mon père. Je suis rentrée dans une salle de pied poing en en voulant a la terre entière, j'y ai trouvé le chemin dont j'avais besoin pour m'accomplir et transcender ma rage. J'ai commencé par le Yoseikan Budo (Discipline fondée par Hiroo Mochizuki), qui a été pour moi une super approche du MMA (mixed martial art), puis full et karaté contact, enfin grâce a mon boulot qui me faisait beaucoup voyager aux U.S.A., j'ai pu m’entraîner sérieusement en Mixed Martial Art et Jujitsu Brésilien, même si malheureusement, je n'ai pas trouvé le moyen de faire carrière sur place. Ensuite, j 'ai attendu d'avoir un bon niveau avant d'aller a la rencontre de Fred Perrin pour mêler mes deux passions, j'y allais plus pour le maniement du couteau que pour la self en général, avec cette rencontre j'ai abordé le combat sous un jour nouveau, celui de la survie, loin du combat rituel des disciplines sportives





 De quelle façon orientes tu tes recherches, quelles sont tes sources d'inspiration ? 

 J'ai un lien spontané avec les objets tranchants. L'important pour moi, c'est d'abord d'avoir une vie ou l'usage des lames est quotidien : je fais mon bois, j'ai un jardin, je cuisine, ça m'arrive de chasser avec des amis, je fais des cueillettes, tous ces gestes simples m'inspirent. Il m'aident a garder un coté pragmatique, un objet n'est pas une forme qui se conçois à plat sur une feuille, mais avant tout un usage, de longs moments passé dans la main. Ce sont souvent mes mains qui pensent pour moi.
 J'ai eu la chance de beaucoup voyager, pour l'aventure ou grâce à mon métier. Dans des mégalopoles ou des lieux éloignés de la civilisation, ces voyages m'ont permis d’expérimenter des  modes de vie, cela m'aide a me projeter dans des usages auxquels je ne penserai par forcément. Je pratique l’empathie a travers les objets, c'est ma façon de rendre compte de mes rencontres, de ce qu'elles ont pu  me transmettre, le voyage reste un de mes but dans l’existence, la forge est un moyen pour moi de témoigner de mon ressenti sur le monde, c'est sans doute en cela que la coutellerie peut se poser en terme d'art.
Ensuite, je me nourrie de l'art, justement. J'aime la peinture, la sculpture, les arts décoratifs, j'essaie d'aller voir des expos, de prendre le temps de regarder vraiment ce qui m’entoure, l'architecture, mais aussi le monde végétal ou le règne animal. Je cherche partout, dans la mode, dans le design, je feuillette beaucoup de magazines, des livre d'arts. J'aime les objets anciens, même très primitifs. Je suis fan des productions des studios Gybli, de Tim Burton, j'aime le nouveau courant steam punk, c'est sans doute une forme de nostalgie, pour l'enfance ou les choses du passé... mais c'est un autre sujet ! 
Parmi ce qui me nourrie, il y a mes nombreuses passions, des activités que je pratique, ou pour lesquelles je me suis passionnée à fond à certaines périodes de ma vie, et qui restent en moi, comme la plongée, ou l'équitation, je n'ai pas une âme de spécialiste, j'aime faire l’expérience des choses, les phases d’apprentissage, la prise de risque. C'est cette tournure d’esprit qui me permet d'avoir une esthétique assez large. Ce n'est pas un positionnement commercial facile, mais je ne veux pas rentrer dans une case plutôt qu'une autre : le tactique, le couteau d'art, le couteau de terrain, le couteau forgé, l'urbain, le pur custom, la micro série, je veux faire tout cela. Je sais que c'est compliqué pour les collectionneurs, ce n'est sans doute pas judicieux de ma part, le monde qui nous entoure aime qu'on rentre dans les cases, même le monde excentrique de la coutellerie. Mais je ne crois pas à la créativité sans sincérité, c'est une de mes rares part de naïveté ! 


 Ta rencontre avec Fred Perrin fut décisive dans le déroulement actuel de tes réalisations, peux tu nous parler de cette sorte d'alchimie ?

Lorsque j 'ai rencontré Fred, je passais beaucoup de temps aux Etat Unis ou je m'entraînais en free fight assez sérieusement, j'avais construit mon atelier chez moi, mais les couteaux c' était pour les amis, pas pour vendre. Je pratiquais le karaté contact en France (discipline instituée par Dominique Valera) après avoir été en équipe de France de Yoseikan budo. J'avais des amis dans les sports de combat, et d'autres amis dans les couteaux et la forge. Fred a été la première personne à faire le lien entre les deux pratiques. Avant de le rencontrer, j'avais cette passion pour les lames, les capacités techniques de les faire, et le besoin impérieux de pratiquer les sports de combat les plus contact possible, mais je ne voyais pas comment articuler les deux. Je ne pensais pas avoir les techniques suffisantes dans chaque domaine pour en faire le centre de ma vie professionnelle, Fred m'a d'abord montrer comment je pouvais tout simplement additionner les deux.
Sans doute aussi m'a t il aider a avoir plus confiance en moi. C'est compliquer d’être une femme et de vendre les couteaux qu'on fabrique. Pas pour moi, mais c'est compliquer pour certaine personnes a recevoir, il faut beaucoup prouver, se justifier. Cela m' arrive de faire face à des réactions de détestation violente, d’incompréhension, parce que culturellement le couteau est un symbole masculin fort, et certaines personnes mettent leur masculinité en compétition avec la mienne, ce qui n'a pas de sens. Ce n est pas destiné a moi en tant que personne, mais c'est quand même à moi d y faire face. Le regard et l'analyse de Fred sur mon travail m'ont permis de comprendre, d'assumer, et de pouvoir expliquer mes objets, en quelques sorte les défendre. Pour Fred, un couteau est avant tout un couteau, qu'il soit produit par une femme ou pas. Et exposer a coté de lui calme pas mal les ardeurs... (sourire). C'est très différent de ne plus être seule a l'atelier, seule dans ma pratique, surtout quand les deux sont aussi liés, et prennent autant de place dans le quotidien. L’alchimie c'est de ne plus penser seule, de pouvoir se renvoyer les idées, en débattre, de pouvoir se soutenir ou être soutenu, d'avoir un regard masculin ou d'offrir un point de vue féminin . Comme le Yin et Yang qui sont dans toute chose, en proportions variées, nous nous équilibrons, cela nous permet de réfléchir plus loin.





 En tant que passionnée de defense personnelle et méthodes de combat avec ou sans arme, comment envisages tu la self defense au sens féminin ? 

C 'est une question difficile...Je m’entraîne en self depuis trois ans en suivant l'instruction de Fred. J'ai une expérience du combat, j'ai fait des compétitions et surtout, je me suis entraînée dans plein de salle, ou j'allais "sparer" sans connaître personne, cela m'a bien formée. La self comme je l'ai découverte avec Fred, pour moi ce n' était pas nouveau, c’était nouveau de la théoriser et de la transmettre: j'ai beaucoup voyager seule, dans plein de pays, dans plein de milieux. J'ai débarqué dans des vielles salles de boxe à Brooklyn ou dans des aéroports déserts à Moscou, le self défense, je l'ai pratiqué sur le terrain de manière spontanée, sans le savoir. Des armes improvisées qui passent les contrôles aériens j'en ai toujours eu, je ne les ai jamais achetées ! Instinct de survie, débrouillardise, on en revient a l'éducation. Et surtout, ce qui m'a sans doute tiré de pas mal de situations tendues c'est d'avoir un point de vue très cynique sur le monde qui m'entoure : je ne pense pas que le monde soit "gentil". Et c'est à ça que je veux en venir... pour moi, il n'y a pas de self féminine, il y a une pédagogie pour enseigner la self aux femmes. Je pense tout d abord qu' il y a la self des plus de 75 kg, ceux là peuvent faire du dégât à la main, ils seront à poids égal ou supérieur a leur adversaire, et il y a la self des moins de 75 kg, qui passe selon moi par les armes improvisées et avant tout «l' awarness», le principe d’être conscient du lieu ou on se trouve, l'heure, la tenue, ce qui détermine un «potentiel d'emmerdements probables». C'est là où la pédagogie diffère : la pression sociale sur les femmes est insidieuse, dès leur plus jeune âge, on leur enseigne qu'elles sont de jolies princesses, qu'elles doivent être gracieuses, responsables, sages, leur potentiel de violence est occulté, une fille ne joue pas a la bagarre sinon elle est un garçon manqué. Pourtant, elles la portent viscéralement en elles, prenez-vous en a un membre de leur famille et vous verrez ces barrières voler en éclat, c'est purement "animal", les femmes on une violence radicale. Elles en ont d’ailleurs peur, puisqu'on leur a martelé qu'elles ne sont pas faites pour ça. La self féminine passe donc par cette prise de conscience, débloquer les verrous.  Après cette phase il faut même souvent les freiner. Leur réapprendre la maîtrise, leur faire déterminer quel est leur propre seuil de déclenchement,  à partir de quand elles vont dire "NON", et ce que cela va impliquer. 
L'autre difficulté est de leur faire admettre que nous ne somme pas là pour débattre de l'injustice d'une agression mais pour y faire face. Par exemple, expliquer qu'a 2 heures du matin en sortant de boite en mini jupe, avant de rentrer en métro, il est judicieux de quitter les talons et d'enfiler une paire de ballerine sorti du sac a main, et de mettre un petit pantalon en toile qui ne tient pas de place par dessus la minijupe. La self défense féminine n'est pas féministe, il n'est pas du ressort de l'enseignant de changer la société pour que des femmes puissent rentrer chez elles habillées comme elles le voudrait, le prof est là pour leur donner des clefs pour qu'elles puissent rentrer sans encombre. C 'est tout a fait injuste mais il faut faire avec la réalité de ce qui nous entoure, est c'est un des messages dur a faire passer. De toute façon les femmes seront toujours plus en difficulté face a une agression, les motivations des agresseurs sont spécifiques, quand leur proie est une femme, les lésions que l'agression laisse sont souvent plus dramatiques, donc je pense qu'il faut leur donner des moyens radicaux, les moyen de dire "NON", juqu'au bout et de se respecter a travers cette décision.
Je ne suis pas pour les cours féminins, peut être faire une première approche entre filles mais il faut rapidement s’entraîner avec des hommes, ne serait-ce que pour se familiariser avec une part de masculin que peut d'entre elles partagent avec leurs compagnons. L’entraînement mixte est un bon moyen d’apprendre a faire attention aux messages corporels qu'elles projettent sans s'en rendre compte : pour ne pas se faire repérer comme une proie il ne faut pas s'afficher comme un appât. ( holala ça va faire crier les féministes!!). La maîtrise du langage corporel est un élément essentiel, se défendre c'est avant tout ne pas se faire agresser. Là encore, la vigilance et le discours de l'enseignant doivent être aiguisés et ne vont pas forcément plaire, il faut être très clair sur les motivations et les interactions dans les cours mixtes. Quand on y  réfléchit bien, la self pour les femmes n'est pas très agréable à enseigner, il faut avant tout les confronter une réalité abrupte et leur donner des outils souvent bancales pour se tailler une place au milieu de tout ça.
En dernier lieu, mais cela s’applique aussi aux petits gabarits masculins, la self passe par être en bonne condition physique. Il n'est pas certain que votre agresseur soit préparé à un adversaire tonique et rapide, être prêt physiquement sera toujours un avantage, la pratique des sport de combat me paraît essentielle. Sans forcement faire de la compétition, mais le sparing donne l'habitude des coups, il permet d’appendre à continuer de réfléchir sous la pression, de chercher des solutions. L’entraînement pour les femmes comme pour les hommes doit comporter des phases les plus réalistes possible, la difficulté est de ne pas se faire mal pendant l'exercice et la pratique d'un sport de combat donne souvent une aisance et une capacité technique qui aide a franchir plus vite les étape en self et à pouvoir les entraîner sans blesser son partenaire.





 Être une femme forgeron-courtelière, tout en conservant une grande part de féminité, c'est plutôt atypique, quel est ton secret ? 

C'est drôle ça comme question ! Il y a des tas de gens qui ne voient pas nécessairement cette féminité, c'est souvent mes objets qui génèrent ce genre de réflexion !
Le secret est d’être naturelle, que je le regrette ou non, la nature ne m'a pas faite pour être danseuse étoile, j'ai fais avec ma forme de corps, et j'ai accepter ma forme d’esprit. Une part d’inné, une part d’acquis sans doute, j'aime le combat et les armes, je ne m’intéresse pas tant au pourquoi, je préfère le vivre. Pour ce qui est de la forge, c'est pareil, je pratique la peinture, le dessin, la sculpture, et j'ai les capacités physiques de transformer du métal, c'est tout, coup de bol de la génétique peut être ! Forger pour moi c'est comme danser, tourner un bol en terre, ou faire une marqueterie, en plus physique, le métal est la matière avec laquelle j'ai une affinité, cela ne s'explique pas, ma chance est d'avoir l'outil corporel qui me permet de le transformer. En dehors de cela, je suis une femme comme les autres. Cela n'a pas été facile a décanter, de garçon manqué à femme "réussie", il y pas pas mal d'étapes a franchir, d'assurance à gagner, de clichés contre lesquels il faut se battre, je suis de sexe féminin, je suis donc par essence féminine, c'est l'image que l'on m'a renvoyé de moi même qui ne l’était pas toujours, il m'a fallu le recul nécessaire pour être honnête dans mon propre jugement, pour prendre conscience. Les objets que je crée m'ont aidé, ils témoignent de ce qui n'est pas forcement flagrant dans mon image. Ce sont eux qui m'ont permis d'assumer pleinement ma féminité.





Qu'est ce qu'un bon professeur d'arts martiaux et de defense personnelle selon tes critères ?

Un bon professeur est celui qui te donne envie d'apprendre, envie de te lever et d'y aller, la force de prendre la voiture sous la neige pour aller t’entraîner 2 heures après la journée de boulot et les emmerdes du quotidien
Avant tout parce qu'il rend la discipline passionnante. Un bon enseignant a une culture de ce qu'il enseigne, un niveau technique, une créativité dans les mode de transmission, une capacité d'adaptation a chacun de ces élèves, ce n'est pas l'élève qui ne comprend pas, c'est lui qui transmet mal, ce n'est pas l’élève qui n'est pas doué, c'est la technique qui n'est pas adaptée. Un bon enseignant n'éduque pas des clônes de lui même, il adapte sa pratique, il développe son point de vue, il accepte l'apport des autres a travers leurs capacités physiques différentes des siennes. Il s’intéresse aux moins doués et il a plus de fierté à voir l'élève qui avait de grandes difficultés franchir un cap que de voir l’athlète de haut niveau assimiler une technique de plus.
Un bon enseignant doit être capable de se placer en tant qu’élève, il dois se confronter a la réalité d'essayer un truc nouveau pour lequel il n'est pas forcement doué, il doit prendre plaisir a suivre l'enseignement des autres, il doit viscéralement avoir envie de s’entraîner et de continuer a progresser dans la connaissance de sa discipline.
Un bon enseignant a un discours clair et constant, il peut varier la profondeur de ce qu'il veut dire suivant le niveau de ses élèves mais il doit toujours parler dans la même direction, ne pas se contredire, parler avec justesse, être sur de ses idées, savoir les argumenter et admettre qu'il peut changer d'avis malgré tout, un bon enseignant n'est pas obtu, comme en toute chose, sa seule constante est le changement dans le respect de sa pratique.
Enfin un bon enseignant n'a pas d'ego, il transmet par besoin, donner cours est plus fort que lui, cela fait partie de la façon dont il conçoit sa pratique, il s'abreuve de ce qu'il reçoit de ces élève, c'est ce qui le fait avancer, il leur donne du sens, une forme de responsabilité, envers lui, envers eux même, ses élèves s’entraînent aussi pour lui, pour être à la hauteur de ce qu'il transmet, et c'est là toute la difficulté, l'enseignant ne doit pas utiliser ce respect qu'il génère a ses propres fins, il est facile de sombrer dans des dérives sectaires, c'est la qu'il doit savoir dompter son ego. Un bon enseignant cherche a vous rendre plus libre, dans vos mouvements, dans votre pratique, dans vos fonctionnements, il vous donne des clefs pour comprendre, pas des dogmes, il vous pousse sur votre chemin mais ne vous force pas a suivre le sien.
Il n'y a pas beaucoup de bons enseignants...





 Peu de spécialistes évoquent le principe d'E.D.C (every day carry), pour une femme, que penses tu de l'idée ?

Je pense qu'il est compliqué de se mettre a la place d'une femme si on en est pas une !  L'E.D.C., c'est déjà compliqué en général, cela dépend de ce que vous faites, où vous vivez, le potentiel de risque, le besoin d'utiliser.
En gros, si comme moi vous vivez a la campagne, que vous avez un jardin et que vous faite des travaux, l' E.D.C. varie du neck bowie inox au Spyderco serrated clip en passant par un bowie P-H Monnet... bon d'accord, qu'en est-t'il pour les urbains ? En gros en ville je vois 3 usages : manger au resto ou chez des potes avec un couteau qui coupe, ouvrir des cartons, des lettres, des emballages, enfin couper des bricoles, et éventuellement, en dernier recours l'utilisation d'une lame ou d'un objet d'impact pour la self défense.
Bien sûr les femmes n'ont pas le même rapport aux lames que les hommes, peu d'entre elles vont avoir plaisir a porter un objet tranchant, pourtant elles mangent toutes au resto ! Le premier E.D.C. que je vois pour une femme, c'est un chouette petit couteau pliant, qui va lui permettre de couper ce qu'elle a dans son assiette en pensant à celui qui lui a offert l'objet. Je pense que malheureusement peu d'hommes y pensent de cette façon. La lame qui nourrie, la lame dans son usage le plus courant, la lame objet du quotidien, qu'on a plaisir a sortir du sac a main en envoyant une petite pensée douce à celui ou celle qu'elle représente, voilà un concept E.D.C. pas suffisamment utilisé pour les femmes.
Pour les autres usages susnommés, je m'efforce de créer des objets que les femmes auront envie de porter, au même titre qu'un accessoire de mode. Bien sûr la réflexion se porte énormément sur les modes de port, et c'est une des directions de mon travail à venir, comment porter, comment dissimuler en montrant, comment placer des étuis sur une garde robe féminine, c'est un véritable casse tête.
Enfin, pour l'usage exclusivement "self-défense", je pense que les femmes ont besoin d'objets extrêmement adaptés, comme les bijoux tactiques, qui, puisque par essence se montrent, sont toujours accessibles rapidement, des "impact-tools" sympas qu'on a envie de porter ouvertement. Les femmes ont bien assez de trucs dissimulés dans leurs sacs a mains... Pour moi, leur E.D.C. doit pouvoir se montrer, faire partie de leur style vestimentaire, souligner leur personnalité, tout un programme !



Aurais-tu un mot a ajouter pour nos lecteurs ? 

Et bien si je peux ajouter quelque chose de personnel, je dirais...
Réfléchissez a votre démarche, aux raisons qui vous poussent à vous entraîner dans les sports de combat ou la self défense, prenez du recul, essayez d’être honnête avec vous même, et donc dans vos jugements sur vos profs, sur les objets que vous choisissez. Méfiez vous des "super-héros de la mort qui tue". Franchement, si vous étiez un super-héros, est-ce que vous ne seriez pas en train de sauver la planète au lieu de donner cours à 10 élèves dans une salle moisie ? Prenez votre pratique pour ce qu'elle est, prenez vous pour ce que vous êtes, si vous voulez être un soldat, et bien rentrez dans l' armée, vous voulez être un "contractor", prenez un billet pour l’étranger et allez garder des parkings, mais ne gonflez pas ceux qui s’entraînent pour d'autres motifs avec tout autant de sincérité et bien souvent plus de réussite. 
Personnellement, je fais cela parce que c'est en moi, dans ma forme de corps, mais aussi pour rester libre, libre d'avoir toujours la possibilité de faire un choix, quelles qu’en soient les conséquences.  Mais je pratique avant tout pour le bonheur que je trouve dans cet effort, pour le plaisir du jeu, de cet échange avec l'autre.
Gardez de la légèreté, allez vers ce que vous ne savez pas faire, trompez vous, recommencer, la vraie pratique a besoin de tout cela, le reste c'est du bourrage de crâne, de la répétition stérile, plus vous apprenez, moins vous devez avoir de certitudes, plus vous aurez envie d'apprendre encore...
Et avant tout, prenez soin de vous, au sens propre, votre corps est le seul véhicule que vous aurez, montrez lui votre estime, ne vous mortifiez pas, il vous le rendra bien !
Enfin, soyez heureux, le bonheur est un choix difficile, pas une fatalité, ni un hasard.



Merci beaucoup, Elsa, pour la richesse de ton propos, et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Elsa Fantino, artisan créatrice



jeudi 10 janvier 2013

Le fantôme errant...

*Ghost Dog

Du plus loin que je me souvienne, l'effet le plus marquant dans ma forme de pratique actuelle, furent les rencontres, les échanges, ou plutôt cette faculté "d'errer" à la recherche de l'improbable, cette efficacité tant convoité, répondant à une soif de vérité.

Et comme dans tous domaines, on peut parfois faire de bonnes rencontres, de celles qui font avancer, progresser, de celles qui font percer certains mystères essentiels. De prises de consciences en désillusions je crois que le pratiquant-chercheur authentique a ce devoir d'être souvent confronté à ses doutes et incertitudes, en balayant d'un revers de main toute idée reçu, tout dogme tel qu'il soit, quitte à ne rien trouver...dans un premier temps.

J'aime reprendre l'allégorie de l'éléphant dans le noir, où plusieurs pseudos spécialistes vont dans l'obscurité la plus complète, tâter et palper des parties distinctes d'un éléphant pour en conclure qu'il s'agit de toutes autres choses, animaux ou objets variés...sauf d'un éléphant !

Il en est de même dans les arts dédiés au combat, au vrai combat celui qui nous incite à devoir survivre. Bon nombre d'écoles d'arts martiaux distillent un enseignement académique, structuré, basé sur des normes quantitatives hiérarchisées, sur lesquelles reposent des strates d'évolution aveuglantes, incapacitantes, laissant peu de place à toute forme d'impulsion créative. Je m'explique...comment prétendre former des individus à la capacité de se défendre en leur donnant une boite à outil sans mode d'emploi ?
Quelques uns, déjà aguerris à la manipulation de ces outils parviendront plus ou moins facilement à trouver une façon de faire, une méthode qui leur deviendra "propre".
Mais pour l'immense majorité de celles et ceux qui tenteront de "jouer" avec ces outils sans trop savoir se les approprier ni en tirer le plein potentiel, la rude réalité risque un jour de les rattraper, dans le meilleur des cas ils finiront par se blesser ou se perdre !

De nombreux pratiquants aguerris, issus de différents styles ont aujourd'hui leur "tool-box" qu'ils mettent en oeuvre instinctivement avec leur propre savoir-faire, issu d'un réel échange entre l'inné et l'acquis et d'une expérience certaine. Une technique, aussi efficace soit-elle ne donnera rien en matière d'efficacité martiale, tant que l'état d'esprit qui l'anime ne l'apprivoise pas. Cette relation corps-esprit est primordiale.  Et nous ne sommes pas tous égaux devant l'assimilation technique, même une technique rapidement "ingérée", tel un enchainement parade-riposte de deux ou trois coups peut s'avérer désastreux en situation. Pourquoi ? Parce qu'elle ne nous "appartient" pas, parce-qu'au lieu de travailler sur un arc réflexe, nous conditionnons notre corps à travailler différemment de ce qu'il est conçu pour faire. Nous dénaturons notre intime perception de la défense en nous appropriant un autre système, étranger et que l'on ne peut absorber...

Mieux vaut alors définir soigneusement ses besoins en terme de défense et sécurité personnelle, de qualifier ses priorités d'entraînement tout en ne négligeant pas le plus important : VOUS, c'est à dire le véhicule qui vous conduira le plus sûrement et confortablement là où vous le souhaitez. Et pour ce faire, prenez le temps pour errer face à vous même. Errez de façon "fantomatique",  à la recherche de ce qui vous semble bon pour vous, et rien d'autre !

*Interprété par Forest Whitaker, Ghost Dog incarne parfaitement cette idée de chercheur itin'errant qui pratique les armes et le combat de façon bien personnelle et complémentaire, pour répondre à ses exigences de tueur à gage dans ce film culte basé sur le célèbre Hagakuré, code d'honneur des guerriers samouraïs.



mercredi 25 juillet 2012

A la poursuite de l'art martial véritable...

VERSUS...

                          *Un petit clin d'oeil à celles & ceux qui avaient 7 ans en 1979 ;-)


En cette période estivale propice au repos & à la réflexion, il peut être bon, quelque fois salutaire,
 de prendre le temps de bien considérer sa forme de pratique, d'évaluer sa propre évolution au sein d'un enseignement et de ne pas laisser les autres décider à notre place du sens que l'on souhaite donner ou non à ce que l'on fait.
Etre efficace en toutes circonstances, quelles que soient les conditions et l'environnement demande un peu plus qu'une simple pratique basée sur des principes théoriques, métaphysiques ou vaseux-spirituels.

On ne naît pas guerrier, on le devient, que cela se traduise dans une activité professionnelle, dans la construction d'une vie de famille ou dans l'assouvissement de ses passions, ne rien concéder (céder aux cons dirons certains !) et ne ne vouloir que le meilleur pour soi n'est pas une démarche aussi utopique qu'il n'y parait de prime abord.
Cependant, le gène du guerrier est une pure nécessité pour évoluer sur une voie martiale ou plutôt pour révéler l'art martial qui sommeille en nous...

Les arts martiaux à l'heure de notre réalité sont devenus un véritable fourre-tout, où se mélangent interne-externe, folklore, gymnastique, techniques de cirque, méditation thérapeutique, théâtre, chorégraphies, compétitions, endurcissements, etc... Comment ne pas se perdre !

Seuls les guerriers véritables n'ont pas le temps de s'entraîner, ils combattent et point barre... C'est un peu au fil des années la réflexion que je me suis fait lorsque je constatais que bon nombre de gens efficaces en combat de rue ne pratique...pas grand chose. A l'inverse, bon nombre de pratiquants, d'experts auto-proclamés, de mini gourous ou de champions se sont pris des toises, ou craignent facilement d'en prendre en voulant faire les malins avec des adversaires probablement trop sous-estimer...et en usant d'autosuffisance !

A ceci près qu'il n'est pas simple aujourd'hui de pouvoir affirmer que l'art martial "vrai"que l'on pratique sera celui qui nous permettra de sauver notre peau ou de mieux se construire dans la vie pour être & durer !

Ce qui est galvanisant pour un enseignant ne l'est pas forcément pour ses élèves, surtout si ces derniers sont pris pour des pommes, et que le prof les entame à sa façon "pénétrante", vers...eux !

Combien de sectes stigmatisent encore des pratiques soient disant occultées ? Combien de pratiquants sont considérés comme le garde manger de leur enseignant tant craint et respecté ? Bousculez sans ménagement un prof d'arts martiaux est une nécessité, sortez le ses certitudes, faite le "bugger" un peu, tordez le subtilement, et s'il est authentique, comme une lame forgée avec force & intensité, il reprendra sa forme initiale sans vous en tenir rigueur et tout en apprenant de ses erreurs. N'oubliez pas que dans la pratique le plus important c'est votre réalisation, c'est vous ! Un guide qui se trouve facilement et que l'on peut difficilement quitter n'est pas de bon augure pour votre équilibre personnel, pensez-y ;-)

Alors comment identifier ses besoins en fonction de l'enseignement proposé ? Observons les quatre famille d'arts martiaux qui ont de tous temps existé, et faites votre propre analyse :

L'art martial par définition
Il doit proposé des solutions pragmatiques & efficaces, adaptées en fonction des conditions et de l'environnement (milieu urbain, champs, forêt, montagne, milieu aquatique etc...), mais aussi de l'âge et du tempérament de chacun. L'art martial doit s'adapter à vous et non pas le contraire, ceux qui prétendent le contraire vous mentent et ont un business à préserver !
Cela peut être un bon début sur la voie martiale, jonché d'écueils et d'expériences qui vous permettront d'extraire de votre "gangue" la discipline de combat.

L'art martial par facilité,
Suivre une mode, une tendance, ou tenter de se rassurer en théâtralisant des scènes d'agression...pour faire comme si...
Et si la réalité l'emportait sur la fiction dans toute la sauvagerie et le vice que l'homme peut mettre en oeuvre sous l'impulsion de la haine, de la colère, de la bêtise ou de la drogue ? S'amuser à se faire peur c'est bien pour les élémentaires...
Si votre pratique vous semble trop "facile", très confortable, sans efforts, sans sueur, sang (avec parcimonie bien entendu), trop stigmatisée sur l'illusoire, le rêve, le fantasme et le mystique, et bien changez rapidement de crémerie, vous risquez de vous empoisonner ou de devenir dépendant à la médiocrité.
Certains ajoutent aussi des exercices issus de Traditions diverses et variées pour agrémenter leur sauce initialement fade et sans saveur à une demande fantasque.

L'art martial & le reflet des apparences,
Le pratiquant est au service d'un gourou, parfois sans le savoir, souvent en pleine acceptation et en totale incapacité de s'affranchir de son influence, aussi néfaste soit elle à moyen ou long terme...
L'enseignement peut revendiquer une certaine forme d'authenticité, mais provient rarement d'une source sûre, reconnue et fiable. L'élève se berce d'illusion dans une pratique ou il risque de se faire dépouiller et de perdre son âme... On s'éloigne des vertus de l'art pour servir une cause, une personne.

L'art martial par essence,
Là nous touchons du bout du doigt l'idéal martial dans toute sa splendeur, et dans ce qu'il devrait être et rien d'autre...
L'authenticité et la profondeur d'esprit de l'enseignant s'accordent en totale plénitude avec les attentes et les besoins de l'élève. L'attention est alors portée sur l'élève et rien d'autre, et non pas sur les désirs de l'enseignant. Il est très difficile de trouver une telle source de connaissance, en revanche il est très facile une fois trouver de la perdre...
Et l'on apprend à devenir efficace en tout et heureux sur le chemin de la vie, tout en ressentant une énergie subtile et bénéfique nous submerger au fil du temps. La discipline martiale et la technique sont peu à peu reléguées au second plan, l'essence propre de l'art du combat s'imprègne en vous, vous préserve & vous régénère !

Partez à la découverte de l'art martial véritable, celui qui vous va si bien, celui que vous avez toujours eu envie de pratiquer et qui sommeille en vous, quelle que soit sa source & son origine, depuis la nuit des temps !

Bonne pratique estivale, soyez forts les amis ;-)


samedi 16 juin 2012

LEDWAVE : C2 "Camo"






Cela faisait quelques temps déjà que je recherchais une lampe torche d'inspiration "tactique" offrant un excellent rapport fiabilité-prix avec pour vecteur de recherche, une capacité d'alimentation à la fois pratique & performante.

Après quelques hésitations mon choix s'est rapidement orienté vers la marque espagnole LEDWAVE et son modèle C2 "Camo". Choix que je ne regrette pas depuis...

La C2 Camo est proposée à un prix réellement attractif, loin des standards des marques US habituelles qui occupent le créneau des lampes tactiques.
Découvrons ensemble cette lampe...
La prise ne main est très confortable et ce dans toutes les positions, les changements de main s'effectuent sans difficulté (poids de 77g), la préhension est parfaite, même avec les mains humides ou des gants en latex. La lampe est de dimension compacte (12 cm de longueur pour 2,5 cm de diamètre), et se loge aisément dans une poche avant de jean. Une position adéquate de la main autour de la lampe facilite les usages défensifs de type "impact-tool" ou yawara. Acceptable également en mode percussion sur surfaces solides (bois, verre, porte etc...), avec le traitement de haute qualité en polymère.
Au début très honnêtement, je pensais que la lampe ne résisterait pas à un usage intensif. Actuellement je ne peux plus m'en passer !

Et côté éclairage me direz vous ? Et bien la C2 Camo dégage des performances très honnêtes & suffisantes : 80 lumens à pleine puissance et 20 lumens en mode "basse intensité". L'autonomie est toute aussi satisfaisante quel que soit le mode d'éclairage sélectionné (par bouton poussoir au cul de la lampe). L'action sur le bouton poussoir est intuitive, un revêtement en caoutchouc strié rend les changements d'intensité et les allumages furtifs aisés, idéal pour"flasher" ou "marquer" rapidement une cible, un objectif.

Autre point fort, la batterie, c'est ce que je recherchais principalement ! Une simple pile LR6 suffit pour faire fonctionner à merveille la C2 Camo. J'apprécie ce système peu onéreux et vraiment pratique d'alimentation. Même si l'ont trouve facilement des piles au lithium chez nous en France, on trouve encore beaucoup plus facilement et parfois même sans chercher des piles de type Alcaline LR6 performantes. On en trouve partout, que ce soit dans les usages domestiques ou dans n'importe quelle supérette de proximité !

Autre aspect non négligeable, la résistance de la lampe en général, peu importe les chocs subis ou les environnement sensibles auxquels la C2 Camo est exposée, elle tient le choc et reste fonctionnelle sans soucis !

Alors si vous êtes à la recherche d'une lampe au look épuré &  racé, à la prise en main efficace, aux performances satisfaisantes et au prix très étudié, n'hésitez pas à embarquer une C2 Camo de chez LEDWAVE sur vous, ou dans votre E.D.C, vous serez bluffés par sa fiabilité !


Remerciements :


U.S.M.C.
4 rue Louis Lejeune
92120 Montrouge / porte d'Orléans
Tél : 01.49.85.69.35.


http://www.usmcpro.com/